"J'avais atteint l'âge de mille kilomètres. De l'autre côté de la porte, les membres de la guilde se rassemblaient pour la cérémonie qui ferait de moi un apprenti. Moment d'impatience et d'appréhension ; en quelques minutes allait se concentrer tout ce qui avait été ma vie jusqu'alors."

Priest Christopher, Le monde inverti, traduit de l'anglais par Bruno Martin, Mesnil-sur-l'Estrée, Gallimard, Folio SF, 2011.

(Ilustration de couverture de l'édition espagnole du roman, publiée par RBA Libros)

Helward Mann vient de quitter la crèche. Il n'a pourtant rien d'un enfant, à part peut-être pour ce qui est de sa connaissance du monde. C'est la première fois qu'il quitte l'institution et son horizon s'est jusqu'à présent réduit aux salles de classes, au petit gymnase, au réfectoire et à sa chambre. C'est la règle dans la cité Terre. Une cité dont les habitants ne peuvent qu'apercevoir un petit bout de ciel, mais jamais le soleil. Aujourd'hui, Helward a atteint l'âge de mille kilomètres. Il est donc temps qu'il choisisse son avenir, et il souhaite entrer dans la guildes des Topographes du Futur, comme son père.

Helward, comme tous les apprentis de guilde, va découvrir le monde au fur et à mesure de ses missions, et ainsi comprendre de lui-même les règles qui le régissent. Les membres aguerris ne répondent presque jamais à ses questions, et quand ils le font, c'est souvent à travers des phrases impénétrables qu'il ne comprendra que bien plus tard. Tout est fait pour qu'il réfléchisse à tout ce qu'il voit et forge ses propres théories. Ainsi nous découvrons le monde dans lequel vit Helward en même temps que lui. On se questionne sans cesse, chaque nouvelle règle semblant toujours remettre en question ce que l'on a appris.

Le roman nous incite à nous interroger sur notre perception de ce qui nous entoure et sur la confrontation entre différentes perceptions (je sais, ce n'est pas vraiment clair, mais je ne peux pas développer sans risquer de vous spoiler....). Il est aussi question tout au long du livre de la légitimité des lois qui régissent une société : plus il découvre la réalité du monde, plus Helward est amené à comprendre les règles de la ville Terre, mais tous les habitants n'ont pas ses connaissances et beaucoup voudraient les lois qui leurs semblent inutiles et trop contraignantes. L'auteur aborde également la question de l'éducation, qui aide à comprendre notre univers, mais qui peut également diffuser des mensonges pour aider les dirigeants à gérer la population.

J'ai vraiment adoré ce livre, et je n'ai pas pu le lâcher avant de l'avoir terminé. Parce qu'il est très bien écrit, mais surtout parce que l'on est pris par l'intrigue et par tous les questionnements qui se posent à Helward et à nous. L'édition que j'ai est très jolie, avec son illustration et sa couverture d'un gris brillant, pourtant je regrette sa fragilité : je fais vraiment attention à mes livres, et pourtant les premières pages se décollent déjà... De plus, j'ai appris ensuite qu'il existe un prologue au roman, qui n'est pas publié ici... Je ne comprends vraiment pas pourquoi....

Pour conclure, si vous ne l'avez pas déjà lu, courrez vous le procurer ! (Mais peut-être pas chez Folio SF...)

Bonne lecture :)